Rendez-vous d’Issy : Jean-Guilhem Xerri, président d’« aux captifs, la libération »
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Mercredi 7 avril, Jean-Guilhem Xerri est venu nous présenter l’association « Aux captifs, la libération. ». Elle a été fondée en 1981 par Patrick Giros, prêtre du diocèse de Paris. Son intuition est venue de sa longue expérience au contact des personnes vivant dans la rue. Il a voulu relayer le ‘cri de la rue’ et manifester l’Eglise à ces personnes en grande souffrance. De nos jours, on estime qu’il y a en France au moins 100 000 sans abris et environ 20 000 prostituées. Ces chiffres sont difficiles à évaluer, ils constituent des minimums certains, mais la réalité peut être plus grave. Le visage de la population des exclus a beaucoup changé en quelques dizaines d’années : les réseaux de prostitution se sont mondialisés, des anciens enfants soldats échouent dans la rue, enfin il y a de plus en plus de jeunes de 18 à 25 ans sans formation et en rupture avec leurs familles.
Les 50 salariés et les 200 bénévoles de l’association sont envoyés par l’Eglise à la rencontre des personnes de la rue, le fondateur ayant tenu à ce que les Captifs soient reliés à des paroisses.
L’association repose sur 3 piliers : les tournées de rue, qui se font deux par deux, les binômes font le même trajet le même jour à la même heure, afin de rencontrer les mêmes personnes et nouer une relation fidèle ; l’accueil, social, spirituel et cultuel, et enfin la dynamisation, pour déployer les ressources des personnes accompagnées.
La rue est très destructurante, elle affecte les personnes à la fois dans leur corps et dans leur esprit, aussi beaucoup d’exclus développent des troubles psychiques. L’espérance de vie est très faible dans la rue : environ 45 ans.
La spiritualité des Captifs s’enracine dans trois directions : la rencontre, qui vise à relier fidélité, gratuité et inconditionnalité. La personne est rencontrée pour elle-même, parce qu’elle a du prix à nos yeux, comme aux yeux de Dieu : « tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t’aime. » (Is 43, 4). Ensuite, l’accompagnement des pauvres ne voit pas des problèmes à résoudre mais des personnes à aider. Enfin la révélation : il s’agit de dévoiler le visage d’un Dieu proche et d’une Eglise servante.
Le pauvre nous rappelle que nous sommes tous fragiles, mais aussi que la fragilité accueillie peut devenir un véritable chemin d’humanisation.
Matthias Amiot

