Homélie prononcée par le Père Ronald D. Witherup, p.s.s., Supèrieur général de la Compagnie

Je voudrais remercier le Père Didier Berthet, supérieur de ce séminaire, qui m’a invité amicalement à présider ces vêpres solennelles de la fête patronale de Saint Sulpice. Je suis vraiment impressionné par la présence d’un si grand nombre d’anciens élèves de Saint Sulpice. Merci à vous pour votre présence fraternelle.
Il me semble que selon la tradition de Saint Sulpice je suis presque obligé de vous proposer ma petite homélie en trois points.
Voici donc le premier point : il s’agit de la figure de la Vierge Marie pour la vie des prêtres. Vous savez bien que Monsieur Olier, fondateur de notre petite compagnie, a choisi la Présentation de la Vierge Marie au Temple comme fête patronale. Pour lui, comme pour nous, cette fête de la Présentation signifie la consécration totale au service du Seigneur. Nous croyons en effet que Marie, dés avant sa naissance, fut consacrée à servir le Seigneur par toute sa vie. Elle qui est la bienheureuse Mère de la Parole faite chair a réalisé dans sa propre vie la volonté de Dieu : devenir la Mère du Fils de Dieu et la Mère de l’Église. Elle est ainsi modèle de foi pour tous les chrétiens, et surtout pour nous autres les prêtres. Son exemple nous entraine à accepter la volonté de Dieu dans notre propre vie.
Le deuxième point : il semble que la Vierge Marie est toute pénétrée d’une attitude de joie, qui nous entraine à devenir à notre tour un peuple de la joie. Selon l’Évangile de saint Luc, au moment de la Visitation à sa cousine Élisabeth, la Vierge a dit avec joie le « Cantique de Marie » que nous récitons maintenant chaque soir au moment des vêpres : « mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ». Plus que jamais notre monde a besoin de vraie joie. Et nous autres prêtres avons pour mission de la proclamer par notre ministère et par notre vie.
Mon troisième et dernier point est tiré de la lecture du livre de l’Apocalypse que nous venons d’entendre. Il s’agit de la vision de la nouvelle Jérusalem. La Vierge Marie, elle, est déjà citoyenne de cette ville de Dieu. Mais sa destinée est aussi la notre. Elle nous donne donc confiance : nous pouvons parvenir là où se trouve Jésus-Christ, le Fils de Marie, l’Agneau de Dieu. C’est Lui qui donne au monde entier l’espérance pour l’avenir.
Parvenus au terme de cette journée sacerdotale fraternelle, nous pouvons exprimer notre joie et proclamer en ce jour : « Tu es la joie, tu es l’honneur de notre peuple, Vierge Marie ! ». Amen.

